Si vous aimez...

En vrac

Jeudi 24 novembre 2005

 

    

     * Pendant mes études de littérature de Lettres Modernes à l'université de Bordeaux, j'ai choisi d'orienter ma maîtrise sur le conte et en particulier sur " L'image de la femme dans le conte de fées". Je me suis ainsi replongée avec délectation dans le monde merveilleux des contes russes d'Alexandre Afassiev, les contes d'Andersen et ceux plus sombres de Jean Lorrain. Ce répertoire trés éclectique a été le déclic d'une passion qui dés lors ne m'a plus quittée comme lorsqu'on réouvre une porte dont on avait oublié l'existence.


    * C'est ensuite en travaillant en tant qu'éducatrice de jeunes enfants en crèche puis à l'hôpital dans un service de pédiatrie que j'ai commencé à raconter. Ce sont eux, les enfants, avec leur appétit insasiable d'histoires qui m'ont poussé à élargir mon répertoire, à inventer et à créer des spectacles.

     M'ont été transmis par les professionnels de la petite enfance, des petits boûts rimés comme un échos à ceux de mon enfance. Alors que je ne leur accordais jusqu'alors qu'un regard secondaire, ils me sont apparus comme le contenant d'un tout, dans quelques mots et dans quelques gestes un récit tout entier. 
Depuis lors ma recherche artistique me pousse à travailler de manière plus précise chaque geste, chaque son... Des cours de mime et des cours de chant me permettent de poursuivre dans ce sens.

      Dans une comptine, les silences, les regards, l'accentuation, le rythme, la gestuelle racontent une histoire autant que des mots.


  * Ma passion pour le conte au lieu de se tarir n'a fait que se développer au fil des années.

     L'écoute des conteurs m'a aussi permis d'élargir mon répertoire et de mieux trouver ma propre identité de conteuse.
Je suis partie en quête de tout ce qui pouvait ressembler à une histoire de prés ou de loin.
 


      * Ma démarche est celle d'un "passeur d'histoires". J'offre un abri passager ou sur la durée à ces histoires qui ne se figent jamais. D'une fois sur l'autre, elles s'habillent d'un peu plus d'ombre ou de lumière selon mon état d'esprit du moment. Chacun aussi avec son propre imaginaire, sa propre écoute s'en inventera une autre à sa manière.

     * Je priviligie les petites salles favorisant ainsi la proximité et l'intimité avec le public. Je vis ainsi les spectacles de contes comme des moments d'échanges, j'aime percevoir les émotions, voir les regards, sentir vibrer le public.

Parfois, j'ai le plaisir de voir chez les enfants que l'un reprend un geste, un mot, c'est alors un véritable jeu qui s'instaure entres eux et moi.


     * Le conte pour les tout-petits bien qu'allant de soi est aussi porteur de nombreuses interrogations comme tout spectacle et toute proposition artistique destinés à la petite enfance. Les enfants ne sont-ils pas trop jeunes? Le spectacle ne leur est-il pas imposé? De fil en aiguille je tatônne, je questionne et je me mets en jeux.

Mais l'écoute des touts-petits, leurs silences, leurs regards sont autant de balises qui m'informent que je suis sur la bonne voie. Les jeunes enfants constituent un public bien particulier, ils n'ont pas encore intégré les rôles sociaux du public et du conteur qui consiste pour l'un à écouter et pour l'autre à raconter. C'est un public qui ne ment pas. J'aime cette exigence qui fait que lorsque je créé un spectacle je tends vers la simplicité et la sobriété.

 

      Ainsi je me nourris du spectacle de contes auprés des plus grands et des adultes pour visiter des contes plus denses chargés de symboles et porteurs du message que chacun voudra bien y trouver. Dans les spectacles de contes pour les tout-petits je reviens à l'essentiel, la musique, le rythme du conte mais aussi le geste.

 

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Par france quatromme
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