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* Pendant mes études de littérature de Lettres Modernes à l'université de Bordeaux, j'ai choisi d'orienter ma maîtrise sur
le conte et en particulier sur " L'image de la femme dans le conte de fées". Je me suis ainsi replongée avec délectation dans le monde merveilleux des contes russes d'Alexandre Afassiev,
les contes d'Andersen et ceux plus sombres de Jean Lorrain. Ce répertoire trés éclectique a été le déclic d'une passion qui dés lors ne m'a plus quittée comme lorsqu'on réouvre une porte
dont on avait oublié l'existence.
* C'est ensuite en travaillant en tant
qu'éducatrice de jeunes enfants en crèche puis à l'hôpital dans un service de pédiatrie que j'ai commencé à raconter. Ce sont eux, les enfants, avec leur appétit
insasiable d'histoires qui m'ont poussé à élargir mon répertoire, à inventer et à créer des spectacles. Dans une comptine, les silences, les regards, l'accentuation, le rythme, la gestuelle racontent une histoire autant que des mots.
* Ma démarche est celle d'un "passeur
d'histoires". J'offre un abri passager ou sur la durée à ces histoires qui ne se figent jamais. D'une fois sur l'autre, elles s'habillent d'un peu plus d'ombre ou de lumière
selon mon état d'esprit du moment. Chacun aussi avec son propre imaginaire, sa propre écoute s'en inventera une autre à sa manière.
* Je priviligie les petites salles favorisant ainsi la proximité et l'intimité avec le public. Je vis ainsi les spectacles de contes
comme des moments d'échanges, j'aime percevoir les émotions, voir les regards, sentir vibrer le public.
Parfois, j'ai le plaisir de voir chez les enfants que l'un reprend un geste, un mot, c'est alors un véritable jeu qui
s'instaure entres eux et moi.
* Le conte pour les tout-petits bien qu'allant de soi est aussi porteur de nombreuses interrogations comme tout
spectacle et toute proposition artistique destinés à la petite enfance. Les enfants ne sont-ils pas trop jeunes? Le spectacle ne leur est-il pas imposé? De fil en aiguille
je tatônne, je questionne et je me mets en jeux. Mais l'écoute des touts-petits, leurs silences, leurs regards sont autant de balises qui m'informent que je suis sur la bonne voie. Les jeunes enfants constituent un public bien particulier, ils n'ont pas encore intégré les rôles sociaux du public et du conteur qui consiste pour l'un à écouter et pour l'autre à raconter. C'est un public qui ne ment pas. J'aime cette exigence qui fait que lorsque je créé un spectacle je tends vers la simplicité et la sobriété.
Ainsi je me nourris du spectacle de contes auprés des plus grands et des adultes pour visiter des contes plus denses chargés de symboles et porteurs du message que chacun voudra bien y trouver. Dans les spectacles de contes pour les tout-petits je reviens à l'essentiel, la musique, le rythme du conte mais aussi le geste.
→ Pourquoi raconter des contes?
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